ANSES - Le Magazine

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January 2021

Numéro 93 Spécial Sécurité sanitaire des aliments (SSA)

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Articles

Article [SSA] Prévalence des Escherichia coli résistants aux céphalosporines de troisième génération ou aux carbapénèmes dans les viandes fraiches a la distribution en France (Format parution anticipée)

La surveillance de la résistance des Escherichia coli (E. coli) aux céphalosporines de troisième génération (C3G) ou aux carbapénèmes dans les viandes fraîches à la distribution en France montre qu’entre 2016 et 2019, aucune souche isolée des 1 935 prélèvements de viandes de poulet, viandes de porc ou viandes de bœuf, n’est résistante aux carbapénèmes, antibiotiques d’importance critique en santé humaine. Les proportions de prélèvements contenant un E. coli producteur de b-Lactamases à Spectre Etendu ou céphalosporinase (BLSE/AmpC) sont faibles dans les viandes de porc [0,3-1,2 %] et de bœuf [0,3-0,6 %] et évoluent très peu entre 2017 et 2019. A l’inverse, 62 % des échantillons de viandes de poulet en 2016 contenaient au moins un E. coli producteur de BLSE/AmpC, mais cette proportion diminue significativement pour atteindre 26 % en 2018 (Chi², p<0,05). L’analyse des gènes impliqués dans ces mécanismes de résistance, la caractérisation de leur support génétique ainsi que l’identification des gènes de virulence associés à ces souches peuvent participer à étudier la part des contaminations humaines par des E. coli résistants aux C3G attribuable aux viandes distribuées en France.

Article Bilan de la surveillance de Trichinella spp chez les animaux de boucherie sur la période 2017 – 2019 : évolution de la règlementation (Format parution anticipée)

La période 2017-2019 a vu la mise en place, au plan national, de la reconnaissance des élevages porcins en hébergement reconnu contrôlé vis-à-vis du risque de contamination par la trichine (HRT), ou non contrôlé (HNRT). Ainsi, la majorité des élevages hors sol (90,97 %) a été reconnue dans la catégorie des HRT, tandis que les porcs plein-air, par définition, relèvent de la catégorie des porcs HNRT.

Depuis la mise en place de cette évolution réglementaire, la France est en position de déroger au contrôle systématique de tous les porcins HRT, tout en devant conserver une surveillance de ces élevages avec une analyse directe et par sondage de 1/1000 des porcs charcutiers. Chaque année, la France présente une prévalence inférieure à 1x10-6 avec une probabilité d’au moins 95 %. Seuls restent contrôlés systématiquement tous les porcs HNRT et plein air, les porcs reproducteurs, les sangliers d’élevages, les sangliers sauvages dont la viande est mise sur le marché et les équins. 

Article Evaluation de la contamination des mollusques bivalves vivants et des produits de la pêche prélevés au stade de la distribution en France par des vibrio potentiellement entéropathogènes (Format parution anticipée)

Les vibrions, bactéries de la famille des Vibrionaceae, sont présents naturellement dans les eaux côtières et estuariennes du monde entier et chez de nombreuses espèces de coquillages et de crustacés fréquemment consommés en France. Certaines espèces (Vibrio parahaemolyticus, Vibrio vulnificus et Vibrio cholerae non-O1/non-O139) peuvent induire des phénomènes pathologiques chez l’Homme suite à la consommation de produits de la mer crus, insuffisamment cuits ou contaminés après cuisson. Le plan exploratoire mis en œuvre en 2019 par la Direction générale de l’Alimentation du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation avait pour objectif d’estimer la contamination de produits de la mer prélevés au stade de la distribution en France par ces trois espèces de Vibrio potentiellement entéropathogènes et par conséquent l’exposition potentielle des consommateurs. La contamination des échantillons a été déterminée selon la méthode décrite dans la norme ISO 21872-1:2017. Parmi les 92 échantillons de coquillages vivants et les 95 échantillons de produits de la pêche crus ou cuits analysés, seuls des produits crus (moules, huîtres et crevettes) étaient contaminés par V. parahaemolyticus, V. vulnificus et/ou V. cholerae. Des souches V. parahaemolyticus potentiellement entéropathogènes (présence de tdh et/ou trh) ont été isolées de moules (n=5) et d’huîtres (n=10). Dans le futur, il sera essentiel d’évaluer les niveaux de contamination de tels produits afin de mieux estimer le risque pour le consommateur.