En France, la surveillance des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) chez les petits ruminants est constituée d'une surveillance programmée (alignée sur les exigences européennes au 1er janvier 2016), d’une surveillance événementielle, du contrôle sanitaire officiel (CSO) et de la police sanitaire. En 2024, quatre cas de tremblante atypique et aucun cas de tremblante classique ont été identifiés chez les ovins et caprins. Tous les cas ont été détectés via la surveillance programmée (abattoir et équarrissage). Le bilan de la surveillance programmée continue de montrer un maintien à un bas niveau de la tremblante atypique chez les petits ruminants en France. Le dernier cas de tremblante classique détecté remonte à 2018 (caprins).
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Le virus de la Fièvre Catarrhale Ovine de sérotype 4 (FCO-4) circule-t-il toujours en France continentale ?
La France a été infectée par le sérotype 4 de la FCO pour la première fois en 2003 en Corse et en 2017 en Haute-Savoie à la suite de l’importation d’animaux infectés en provenance de Corse. Comme le témoigne la surveillance, les cas cliniques et les analyses de laboratoire, le virus continue de circuler activement en Corse, alors que sa présence en France continentale est largement questionnée. En effet, l’absence de cas cliniques, le non isolement du virus ainsi que les résultats de PCR depuis 2019 (très faibles charges virales) suggèrent fortement que ce sérotype ne circule plus en France continentale.
Bilan de la surveillance réglementée de l’IBR en France sur la campagne 2024-2025 : état des lieux et perspectives
La rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) est une maladie provoquée par l’Herpesvirus bovin de type 1 (BoHV1) qui possède un tropisme respiratoire et génital. Elle présente un enjeu commercial important tant à l’échelle nationale qu’internationale, ce qui a incité les professionnels à s’engager dans une démarche d’éradication de la maladie d’ici 2027, reprise et portée par l’Etat français auprès de la Commission européenne.
Ce programme d’éradication a fait l’objet d’une reconnaissance européenne en novembre 2020 qui se traduit par le déploiement des dispositions prescrites par la Loi de Santé Animale dans le cadre d’un arrêté ministériel paru en novembre 2021. Un nouvel arrêté ministériel est paru en juin 2024, qui renforce les contraintes aux mouvements des bovins non indemnes, impose la réforme des bovins infectés et prévoit la qualification des ateliers d’engraissement dérogataires.
D’après les bilans de campagne réalisés chaque année, le renforcement des mesures sanitaires initié en 2016, puis la mise en œuvre de la Loi de Santé Animale en 2021, et le nouvel arrêté de juin 2024 ont conduit à une baisse de la prévalence nationale à l’échelle des troupeaux de 2,04 % en 2021 à 0,6 % en 2025. En revanche, le nombre de troupeaux incidents en 2024-2025 s’est maintenu au même niveau que sur la campagne précédente. La proportion de troupeaux sous appellation « indemne » s’établit à 96,4 % au 30 juin 2025 et celle des bovins « indemnes » à 97,3 %.
Cette dynamique reste favorable et une majorité de départements sont proches de l’objectif à atteindre en 2027. Toutefois, au vu des résultats de la campagne 2024-2025, le nombre attendu de troupeaux détenant des bovins infectés en 2027 devrait être compris entre 150 et 200 (hors manades et ganadérias) et le risque de nouveaux foyers reste non négligeable alors que l’objectif est de compter moins de 300 troupeaux non indemnes.
Des réflexions sont engagées avec les partenaires tant au niveau local que national pour sécuriser encore davantage le dispositif et atteindre l’objectif d’éradication.
Influenza aviaire hautement pathogène en France Bilan de la saison 2023-2024
Après deux années d’épizooties majeures liées au sous type H5N1 de clade 2.3.4.4.b, la saison 2023-2024 marque une sortie de crise avec dix foyers déclarés en élevages sur la période, détectés essentiellement par la surveillance évènementielle. Les virus détectés restent cette saison encore, restreints au sous-type H5N1 du clade 2.3.4.4b. La saison a néanmoins été impactée par des cas dans les populations d’oiseaux sauvages, notamment certaines espèces de laridés suggérant une circulation enzootique à bas bruit chez ces espèces. Un autre élément marquant de cette saison, comme pour les deux précédentes, réside dans l’absence d’intersaison habituellement observée pour cette maladie, avec la détection de cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) toute l’année. Aucun cas n’a été détecté chez des mammifères terrestres en France sur la période. L’enquête sérologique annuelle mise en place dans les élevages de volailles n’a par ailleurs pas détecté de lot séropositif pour l’IA H5 ou H7. Malgré un faible nombre de foyers et de cas confirmés, le nombre de suspicions reste élevé, ce qui témoigne d’un niveau de vigilance élevé de la part de tous les acteurs. Celle-ci est nécessaire et doit être maintenue dans le contexte d’une évolution constante et imprévisible des virus de l’IAHP.
Bilan de la surveillance à l’égard des pestes porcines classique et africaine en France en 2024 : la France maintient son statut indemne
Cet article présente les résultats des surveillances programmée et évènementielle des pestes porcines classique (PPC) et africaine (PPA), maladies catégorisées ADE par la Législation européenne sur la Santé Animale (Règlement (UE) 2016/429), chez les suidés détenus et sauvages sur l’ensemble du territoire français (départements de l’hexagone et d’outre-mer). Comme les années précédentes, la vigilance vis-à-vis de la PPC s’est appuyée sur une surveillance programmée et une surveillance évènementielle en élevages de porcs et de sangliers, ainsi que sur une surveillance évènementielle en faune sauvage. La surveillance programmée de la PPC est réalisée par sérologie en élevages de sélection-multiplication, et par sérologie et virologie en abattoirs. La vigilance vis-à-vis de la PPA repose sur une surveillance évènementielle en élevages de porcs et sangliers et sur une surveillance renforcée des sangliers sauvages trouvés morts, ou abattus par les lieutenants de Louveterie dans les départements frontaliers de l’Italie et de l’Allemagne.
En 2024, les surveillances programmée et évènementielle des pestes porcines conduites chez les porcs domestiques et les sangliers en élevage ou dans la faune sauvage ont confirmé le maintien du statut sanitaire indemne de la France vis-à-vis de la PPC et de la PPA.
Bilan de la surveillance de l’hypodermose bovine en France continentale pour la campagne 2023-2024 : Une situation très favorable
La surveillance de l’hypodermose bovine en France continentale repose actuellement sur deux grands axes : la surveillance aléatoire et la surveillance orientée.
Durant la campagne de surveillance 2023-2024, aucun foyer d’hypodermose bovine n’a été mis en évidence. Les résultats issus des contrôles aléatoires ont permis de considérer le territoire national comme zone indemne, conformément à l’Arrêté ministériel du 21 janvier 2009.
Le nombre de résultats séropositifs, qui avait augmenté en 2022-2023, est revenu à un niveau plus habituel. Comme sur la campagne précédente, aucun de ces résultats n’a conduit à une confirmation d’infestation.
Depuis l’entrée en application le 21 avril 2021 du Règlement (UE) 2016/429 dit Loi de Santé Animale (LSA), la réglementation de l’hypodermose bovine a évolué. Cette dernière n’étant pas réglementée au niveau européen, les organisations professionnelles peuvent s’organiser pour poursuivre la gestion de cette maladie.
Ainsi, un programme de prévention, de surveillance et de lutte est élaboré par GDS France pour maintenir un dispositif de surveillance de l’hypodermose bovine.