La leishmaniose est une zoonose vectorielle endémique du bassin méditerranéen. Certaines études évoquent une expansion géographique plus au nord, qui reste à confirmer. En Bourgogne-Franche-Comté (BFC), une étude descriptive rétrospective a été menée selon l’approche « Une Seule Santé », afin de dresser un état des lieux des cas humains et canins diagnostiqués entre 2019 et 2024. Trente-huit cas humains ont été identifiés sur la période en interrogeant différentes bases de données, dont un seul cas autochtone, localisé en Saône-et-Loire. Parmi 60 vétérinaires répondants, 11 ont déjà confirmé une leishmaniose canine et 16 ont déjà suspecté ce diagnostic. De plus, une étude entomologique conduite en août 2024 a permis de confirmer la présence en région de deux espèces de phlébotomes, vecteurs avérés (Phlebotomus perniciosus) ou suspectés (Ph. mascittii) de la leishmaniose. Ces données suggèrent un risque de transmission autochtone de la leishmaniose en BFC. La mutualisation des compétences des acteurs des secteurs humains, vétérinaires et entomologiques paraît essentielle pour mieux caractériser ce risque et, le cas échéant, adapter les actions de prévention et de surveillance.
Détection de Salmonella dans les échantillons au stade des productions primaires: focus sur l’étape de pré-enrichissement – publié le
06/05/2026
La salmonellose représente la deuxième cause de maladie d’origine alimentaire en Europe. Principalement transmise par des aliments contaminés tels que les produits de volaille, ou de porc, la détection de Salmonella et son contrôle dans les élevages de volailles représentent un enjeu important de santé publique. Les normes actuelles de détection de Salmonella exigent une phase initiale de pré-enrichissement de 18 heures à 37 °C. Cette étude a pour objectif d’évaluer l’effet, sur la croissance bactérienne et la probabilité de détection de Salmonella, d’un potentiel « temps d’attente » avant incubation d’échantillons fécaux contaminés par différentes souches de Salmonella. Plusieurs « temps d’attente » (de 45 minutes à 6 heures) à température ambiante et à 4 °C ont été testés avant incubation. Les résultats montrent que ce « temps d’attente » peut diminuer de 50% la détection de Salmonella, en particulier lors d’un faible niveau de contamination. Cette étude met en évidence l’importance de réduire les délais d’attente (inférieur à 4 h) avant l’incubation du pré-enrichissement afin de préserver la précision de la détection.
Bilan de la surveillance de Trichinella spp. chez les animaux de boucherie sur la période 2023- 2024 – publié le
03/18/2026
Trichinella spp. est un parasite zoonotique soumis à une règlementation Européenne imposant un contrôle des animaux sensibles destinés à la consommation humaine. En France, cette surveillance concerne les porcs, les chevaux et les sangliers.
Le bilan de la période 2023-2024, s’inscrit dans la continuité des années précédentes avec la circulation de T. britovi en Corse chez les populations de porcs domestiques et dans le Sud de la France continentale chez les sangliers, principalement dans les Pyrénées. Cependant, T. britovi a aussi été isolé chez un sanglier dans le département du Jura. Ainsi, la circulation de Trichinella spp. chez ces animaux à risque rappelle aux consommateurs de gibier la nécessité d’effectuer les contrôles sanitaires permettant de garantir l’absence de larves dans les viandes.
Bilan de la surveillance de la maladie d’Aujeszky en élevages de suidés et chez les mammifères domestiques en France hexagonale et sur l’île de La Réunion en 2024 – publié le
01/23/2026
La France hexagonale et l’île de La Réunion sont officiellement indemnes de maladie d’Aujeszky en élevages de suidés. Cependant le virus circule toujours dans la population de sangliers sauvages comme le montre la détection régulière de chiens de chasse contaminés après un contact avec un sanglier. En 2024, aucun foyer n’a été identifié sur l’île de La Réunion. En France hexagonale, aucun foyer n’a été détecté en élevages de sélection-multiplication, mais cinq foyers ont été détectés en élevages plein-air (trois élevages de production de porcs domestiques, un porc d’agrément, et un élevage de sangliers). Ces foyers ont eu pour conséquence la suspension temporaire du statut indemne des départements concernés. Dans un contexte de baisse du taux de réalisation de la prophylaxie annuelle, observée en 2023 et confirmée en 2024, il est important de rappeler l’importance de maintenir la surveillance sérologique de tous les élevages plein-air, particulièrement exposés aux contacts avec les sangliers.
La France a conservé son statut indemne de brucellose des petits ruminants en 2023 et 2024 – publié le
12/31/2025
Depuis 2021, tous les départements hexagonaux sont reconnus officiellement indemnes de brucellose des petits ruminants par l’Union Européenne. Les dispositifs de surveillance événementielle (fondée sur la déclaration des avortements) et programmée (par dépistage sérologique) ont montré l’absence de foyers de brucellose à Brucella abortus ou Brucella melitensis en élevage ovin-caprin en France métropolitaine en 2023 et 2024. Comme pour les années précédentes, ce bilan suggère une très faible sensibilisation des éleveurs à la déclaration des avortements et la nécessité de déployer à plus large échelle les dispositifs de diagnostic différentiel.
Bilan de la surveillance de l’hypodermose bovine en France continentale pour la campagne 2023-2024: Une situation très favorable – publié le
12/31/2025
La surveillance de l’hypodermose bovine en France continentale repose actuellement sur deux grands axes : la surveillance aléatoire et la surveillance orientée.
Durant la campagne de surveillance 2023-2024, aucun foyer d’hypodermose bovine n’a été mis en évidence. Les résultats issus des contrôles aléatoires ont permis de considérer le territoire national comme zone indemne, conformément à l’Arrêté ministériel du 21 janvier 2009.
Le nombre de résultats séropositifs, qui avait augmenté en 2022-2023, est revenu à un niveau plus habituel. Comme sur la campagne précédente, aucun de ces résultats n’a conduit à une confirmation d’infestation.
Depuis l’entrée en application le 21 avril 2021 du Règlement (UE) 2016/429 dit Loi de Santé Animale (LSA), la réglementation de l’hypodermose bovine a évolué. Cette dernière n’étant pas réglementée au niveau européen, les organisations professionnelles peuvent s’organiser pour poursuivre la gestion de cette maladie.
Ainsi, un programme de prévention, de surveillance et de lutte est élaboré par GDS France pour maintenir un dispositif de surveillance de l’hypodermose bovine.
Lutte contre le varroa: Actions des Organismes à Vocation Sanitaire dans le cadre du Programme Apicole Européen 2020-2022 – publié le
10/17/2025
Premiers résultats au regard des données de l’Enquête Nationale de Mortalité Hivernale des colonies d’Abeilles (ENMHA)
Depuis plus de dix ans, au sein des Fédérations Régionales des Groupements de Défense Sanitaire, se sont développées, sous l’impulsion du ministère de l’agriculture, des sections sanitaires apicoles. Fédérées au niveau national par GDS France, elles ont progressivement intégré les programmes régionaux Varroa, financés depuis 2015 par des fonds FranceAgriMer, permettant d’aboutir à l’implication de dix régions dans la surveillance et la lutte contre le varroa fin 2022.
Notamment grâce à ces projets et aux financements attribués, ces sections apicoles ont pu s’organiser, trouver leur place dans la santé de l’abeille au sein de l’action sanitaire animale et répondre aux besoins exprimés par la filière d’une lutte sanitaire collective par les éleveurs et pour les éleveurs. Les sections sanitaires apicoles des FRGDS, représentant 73% des apiculteurs déclarés en 2022, sont devenues un maillon essentiel entre le niveau national et le terrain.
Par le maillage sanitaire qu’elles ont développé en partenariat avec les groupements sanitaires départementaux, elles ont permis une cohérence et une harmonisation de la gestion du varroa et de l’action sanitaire apicole générale sur le territoire national. Elles permettent également la circulation verticale des informations techniques, sanitaires et réglementaires.
Cet article porte sur le développement des sections apicoles des Organismes à Vocation Sanitaire pour le domaine Animal (OVS-A) et les actions phares déployées dans le cadre de ces projets régionaux varroa sur les trois années du Programme Apicole Européen (PAE) de 2020 à 2022. Il s’appuie sur l’analyse d’indicateurs issus de l’enquête nationale de mortalité hivernale des colonies d’abeilles (ENMHA), renseignée chaque année par environ un tiers des apiculteurs déclarés, portant notamment sur les pratiques de lutte contre le varroa. L’analyse de ces données permet de poser un constat sur l’état actuel de la lutte et aidera la filière à se fixer un cap.
Sur cette période, on observe des tendances significatives et encourageantes vers une amélioration des pratiques de lutte chez les répondants à l’ENMHA, plus marquées parmi les répondants adhérant à une structure apicole. Ainsi, la proportion de répondants adhérant à une structure apicole et déclarant combiner lutte médicamenteuse et moyens biotechniques est passée de 13 % en 2020 à 21,2 % en 2022.
Bilan de la surveillance à l’égard des pestes porcines classique et africaine en France de 2020 à 2022: la France maintient son statut indemne – publié le
01/08/2024
Cet article présente les résultats de la surveillance programmée et évènementielle des pestes porcines chez les suidés d’élevage et les sangliers sauvages sur le territoire national. Comme les années précédentes, la vigilance à l’égard de la Peste Porcine Classique (PPC) a reposé sur une surveillance programmée et évènementielle des porcs et sangliers d’élevage et une surveillance évènementielle en faune sauvage. La surveillance programmée est réalisée par sérologie en élevage de sélection-multiplication, et par sérologie et virologie à l’abattoir. La vigilance à l'égard de la Peste Porcine Africaine (PPA) a reposé sur une surveillance évènementielle en élevage de porcs et sangliers et une surveillance accrue des sangliers sauvages trouvés morts. Ainsi en trois ans (2020-2022), les surveillances programmée et évènementielle des pestes porcines conduites chez les porcs domestiques et les sangliers en élevage ou dans la faune sauvage ont confirmé le statut sanitaire favorable vis-à-vis des pestes porcines sur l’ensemble du territoire français.
Bilan de la surveillance du botulisme humain et animal en France au cours de la dernière décennie (2008-2019) – publié le
06/09/2023
Le botulisme est une maladie neurologique humaine et animale provoquée par l’action de neurotoxines bactériennes (toxines botuliques) produites par des bactéries du genre Clostridium et qui se manifeste par des paralysies flasques pouvant aller jusqu’à la paralysie respiratoire et l’arrêt cardiaque. Chez l’être humain, cette maladie est rare, avec moins d’une dizaine de foyers recensés en moyenne chaque année en France. Ces foyers sont d’origine alimentaire pour une très grande majorité d’entre eux (90 %). Chaque année, une trentaine de foyers sont recensés en moyenne en France dans les élevages de volailles, environ une vingtaine de cas chez les oiseaux sauvages et une dizaine de foyers dans l’espèce bovine pouvant impliquer à chaque fois un grand nombre d’animaux. Cet article présente le bilan de la surveillance du botulisme humain (2008-2018) et animal (2009-2019) au cours de la dernière décennie à partir des données collectées auprès de Santé Publique France, des investigations biologiques du Centre National de Référence (CNR) et de celles du Laboratoire National de Référence (LNR).